L’azote (N) et l’eau
L’expression « azote dans l’eau » désigne plusieurs substances distinctes, et pas seulement l’azote gazeux élémentaire. L’azote moléculaire (N₂) est abondant dans l’air et se dissout physiquement dans l’eau ; les formes réactives, telles que les nitrates, les nitrites, l’ammonium et l’azote organique, sont les plus importantes pour la qualité de l’eau, son traitement et les écosystèmes aquatiques.
Les formes de l’azote et le cycle de l’azote
Les microorganismes transforment l’azote entre les formes ammonium, nitrite et nitrate par des processus comprenant la nitrification et la dénitrification. La forme présente dans un échantillon dépend de l’oxygène, de l’activité biologique, du pH et d’autres conditions. L’azote gazeux peut également être dissous dans l’eau ; il est mesuré dans les études sur les eaux souterraines comme traceur de la recharge et des processus microbiens.[1]
Sources et effets de l’azote dans l’eau
Les nitrates et l’ammonium peuvent pénétrer dans l’eau à partir des engrais et du fumier, des eaux usées, des installations d’assainissement autonome et de la décomposition naturelle. Les rejets excessifs d’azote dans les lacs, les rivières et les eaux côtières peuvent favoriser la croissance des algues et des plantes, contribuant à l’eutrophisation et à une faible teneur en oxygène dissous. L’ampleur de cet effet dépend du milieu récepteur, ainsi que du phosphore et des autres nutriments limitants.
Des concentrations élevées de nitrates ou de nitrites dans l’eau potable peuvent perturber le transport de l’oxygène dans le sang ; les nourrissons nourris au biberon constituent un groupe particulièrement sensible. Les valeurs guides de l’OMS sont de 50 mg/L pour les nitrates exprimés en NO₃⁻ et de 3 mg/L pour les nitrites exprimés en NO₂⁻ ; lorsque les deux sont présents, la somme des rapports de chaque concentration à sa valeur guide respective ne doit pas dépasser 1. Les normes légales locales peuvent différer, et les résultats doivent être comparés sur la même base d’expression (en ions ou en azote).[2]
Élimination et traitement de l’azote
La protection des ressources en eau est le moyen privilégié de prévenir la contamination par les nitrates. Pour le traitement de l’eau potable, la teneur en nitrates peut être réduite par échange d’anions, osmose inverse ou électrodialyse ; ces procédés transfèrent les nitrates vers un flux résiduel qui doit être géré de manière appropriée. La dénitrification biologique est largement utilisée pour le traitement de l’eau et des eaux usées lorsque sa conception et son exploitation sont adaptées au débit et à la composition chimique de l’eau concernés. Les nitrites peuvent être oxydés en nitrates par désinfection, mais cela n’élimine pas l’azote total. Le choix du traitement doit reposer sur l’analyse des différentes formes d’azote et sur la qualité requise pour l’eau traitée.[3]
Dernière révision : 31 octobre 2026 par Lenntech.
Sources et lectures complémentaires
- Service géologique des États-Unis (USGS) : azote dissous et autres gaz dans les eaux souterraines.
- OMS : fiche d’information sur les substances chimiques — nitrates et nitrites.
- Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) : réglementation nationale primaire relative à l’eau potable.
- Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) : pollution par les nutriments.
- INRAE : l’eutrophisation, mieux comprendre pour mieux gérer.
- Union européenne : directive (UE) 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (version française).
Bibliographie et les autres éléments et leurs interactions avec l’eau